dimanche 14 novembre 2010

En nos ombres, en notre cœur… que la mort prenne toute sa valeur.


Quand notre enthousiasme manque d’élan pour parcourir l’aventure de sa vie, alors l’expérience s’impose à nous comme pour nous montrer combien notre devoir est d’apprendre d’elle en allant de l’avant. L’homme pense grandir librement et selon des critères de choix propres à lui-même. Qu’il le veuille ou non, il entre dès-lors son ancrage à la vie dans une dynamique qui le conduit à ouvrir l’espace de sa conscience à un monde extérieur pour être conduit progressivement à se retourner face à lui-même et a poursuivre sa quête vers le toujours plus petit en soi. 

La médecine pousse notre espérance de vie à des limites toujours plus éloignées, augmentant ainsi par l’artifice l’élasticité de ce file qui nous lie à notre destin final. Imaginer le voir se tendre à l’infini est une fiction anesthésiant tous bons sens. Pourtant, combien d’entre-nous l’identifie comme un port d’attache à éviter, générant en lui ses peurs. Peur de perdre, peur de manquer et même peur de vivre. La vie puise pourtant sa poésie dans le flou de la mort tout comme la bonne santé a comme compagnon de route la maladie. Alors dites-moi pourquoi obstinons nous à vouloir essayer de contrecarrer l’incontournable réalité ? L’homme construit sa vie autour d’ombres, il cherche inlassablement à rassurer ses craintes, il comble son désarrois de ne rien pouvoir y changer par l’aménagement d’un environnement confortable et surcharge son existence d’automatismes inutiles qui, pour une grande moyenne d’individus, apaisent superficiellement ses peurs bouillonnantes tout en l'éloignant du courant de la vie ; et de vivre dans la confiance et la détente à ces côtés.


Il fut un temps, certains hommes exigeaient d’être ensevelis avec leurs richesses comme par conviction qu’au-delà des mots et des images, il existait un monde qui ne pouvait être accessible qu’en monnayant sa place. Futile bêtise d'imaginer cela en notre époque, pourtant en ces temps, cette croyance faisait partie intégrante des illusions des hommes de ce temps. Qu’en est-il de nos croyances de nos jours ? Dans l’avenir, quels seront les hommes qui regarderont avec sympathie et ironie l’histoire de nos certitudes ?


Nous nous arrimons à la vie et suivons tous une route différente. Nous sommes limités dans nos connaissances et nous parcourons notre existence au centre d’incertitudes pour enfin, nous décrocher de la vie, avec comme unique bagage celui de notre vécu.  Ainsi, est-elle plus lucide la vie, plus fluide et réelle, et quand bien même le doute persisterait encore en nous, sur les raisons de notre présence, nous ne pourrions le nier, la vie est une expérience à vivre en cet instant, la vie est une école où il nous faut apprendre et comprendre ce qui se manifeste en soi dans une présence juste et consciente avec le monde qui nous entoure. La plus grande richesse, ni plus ni moins.

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